Service d'ophtalmologie
Imagerie OCT-SLO
Longtemps limitée à l’observation de la surface rétinienne par ophtalmoscopie directe et indirecte, l’exploration anatomique du fond d’œil a bénéficié de l’apport de nouvelles technologies d’observation non invasive. Tout d’abord par la fluoroangiographie, puis par l’amélioration constante des techniques d’échographie. Dès les années 2000, le traitement informatique des images optiques a permis le développement du SLO (Scanning Laser Ophthalmoscopy) puis de l’OCT (Optical Coherence Tomography), puis des deux technologies associées.
Le SLO est basé sur le balayage d’un pinceau laser sur la rétine. Le signal de retour permet de reconstruire le champ observé et ainsi d’établir une cartographie précise de la surface rétinienne, avec les références topographiques, même en présence d’altération de la transparence des milieux. L’OCT est comparable à l’échographie (bien que reposant sur la lumière et non sur les ultrasons) et permet de visualiser des « tranches » d’organe (de moins de 10 microns d’épaisseur) en pénétrant dans la profondeur des tissus. On obtient avec cette technologie des coupes optiques de la rétine avec un pouvoir séparateur d’environ 5 microns en coupe axiale et 15 microns en coupe transverse pour les versions les plus évoluées (rappelons à titre indicatif que la longueur de l’article externe d’un bâtonnet varie de 30 à 50 µm).
Ainsi, grâce à l’utilisation conjointe des deux techniques, l’opérateur peut choisir la localisation de la coupe rétinienne (vaisseaux, disque optique ou area centralis retinae par exemple).
Nous utilisons ici un appareil Spectral, dont le software a été modifié pour s’adapter à l’œil des carnivores. (OPKO instrumentation/OTI Toronto ON. Canada. Distributeur EDC Lamy, 62220 Carvin. France)
- 1 et 2 : couche des gros vaisseaux et chorio-capillaire
- 3 : épithélium pigmentaire
- 4 : vaisseau rétinien
- 5 et 6 : couche réceptorale ,photorécepteurs et cellules associées. Représentée sur le schéma.
- 7 : axones des cellules ganglionnaires (convergent vers la papille pour former le nerf optique)
Examen rétinien SLO/OCT (cliquez sur l'image pour l'agrandir) :
Application à la pathologie rétinienne
Rappelons que l’imagerie SLO / OCT est un examen complémentaire qui doit naturellement s’inscrire dans une démarche clinique raisonnée.
Affections dégénératives : quelle qu’en soit l’étiologie, toute affection dégénérative se traduit par l’amincissement de la couche des cellules concernées ; dans le cadre d’une modification récente du comportement visuel d’un animal et lorsque les signes électrorétinographiques ne sont pas encore interprétables, l’OCT peut permettre un diagnostic étiologique précoce.
Aspect normal et aspect anormal (amincissement) du neuroépithélium
(noter le décollement du vitré)
Affections inflammatoires : un faible décollement séreux du neuroépithélium peut également se manifester par des symptômes fonctionnels discrets ; l’observation d’une amorce d’éloignement entre neuroépithélium et épithélium pigmentaire par OCT peut être traitée précocement, avant l’évolution vers le décollement cécitant
Amorce de décollement séreux en région juxta-papillaire
Affections vasculaires : les oblitérations vasculaires et les hémorragies rétiniennes sont probablement sous-diagnostiquées en ophtalmologie vétérinaire. L’utilisation raisonnée de l’OCT , en complément de la fluoroangiographie permet d’établir un diagnostic lésionnel précoce et la mise en place d’un traitement adapté comme par exemple la photocoagulation au laser infra rouge.
Imagerie du segment antérieur
(cornée, angle irido-cornéen )
Cette énumération n’est pas exhaustive ; toutefois, ces exemples suffisent à mettre en exergue l’intérêt de l’imagerie SLO/OCT dans le diagnostic des affections ophtalmologiques animales ; ce type d’équipement a désormais sa place dans les services dédiés à l’ophtalmologie vétérinaire.





